La liesse en bleu -15 Juillet 2018

Liesse : du latin « laeticia » allégresse, joie débordante et collective qui se manifeste au dehors.

Les bleus ont gagné : scènes de liesse, moment de célébration collective, d’inclusion, autour de l’équipe porte étendard. Ils ont gagné, nous sommes réunis. Une suspension éphémère du temps nous connecte ensemble et plus haut. Les différences, divergences, antagonismes et oppositions sont temporairement suspendus, au profit de la célébration, la concorde, la communion.

Grizou, Paulo ont remplacé Zizou, Dédé. Mais 20 ans après, même cause, mêmes effets, même liesse.

Les médias nous transmettent un message invariant du « coach » artisan de cette réussite : collectif, esprit d’équipe, humilité. Si les experts « fooballistiques » apprécient de façon contradictoire « l’art et la manière » qui ont permis à l’équipe de vaincre ses adversaires, tous louent l’esprit qui semble avoir dominé leur parcours.

Au-delà du nationalisme positif éveillé dans le pays par la victoire des « bleus », n’avons-nous pas quelque motif plus silencieux de nous réjouir et de nous relier ? Pour beaucoup d’entre nous, le témoignage des « bleus » de réussir ensemble, cette preuve d’abnégation au service du collectif, cette capacité à s’effacer pour servir le partenaire en meilleure situation de marquer, ne viennent-ils pas amplifier notre propre aspiration à s’engager dans un collectif, à relever des défis communs et atteindre des buts inaccessibles individuellement ?

Si en 1998, le pays célébrait la diversité « black-blanc-beur », 2018 appelle à reconnaitre et célébrer les dimensions supérieures qui fondent notre appartenance à un collectif. L’équipe gagnante de cette coupe du monde 2018 n’a pas été la plus élégante dans le jeu, ni construite autour d’un seul joueur exceptionnel et salvateur, un Neymar ou un Ronaldo.

Le parcours des Bleus nous montre que la synergie au sein d’une équipe n’est pas un donné mais un construit incertain, progressif, où la raison pose du cadre là où la passion génère du chaos créatif.

Entre individu et collectif, les organisations en transformation sont traversées par les mêmes paradoxes, secouées par les mêmes tensions, et peuvent s’inspirer des mêmes ingrédients : des talents individuels réunis autour d’un projet partagé, la force du désir, la volonté d’œuvrer ensemble, l’engagement et le travail qui en découlent, enfin saisir l’opportunité lorsqu’elle se présente.

Cette combinaison complexe qui aboutit à la réussite finale n’existerait pas sans une visée plus vaste qui englobe et dépasse chacun des acteurs. Une visée et un esprit qui la dévoile et l’impose, sereinement mais inéluctablement. Un leader responsable porteur de sens, aguerri par une pratique personnelle, visionnaire et ambitieux, doit poser et faire vivre le cadre de « l’esprit de groupe ».

Une vision d’équipe portée par un leader, un projet ambitieux et partagé, un engagement de chacun à la réussite de tous, de l’enthousiasme et de l’exemplarité, tels sont les ingrédients qui font passer les équipes de la solidarité à la synergie.

Cette opération peut être longue, incertaine ; les outils et méthodes collaboratives et d’intelligence collective sont particulièrement adaptées à accélérer la mise en œuvre de cette synergie.

Jean-François DAUBA

Open Codev : codéveloppement professionnel créatif

En animant des groupes de codéveloppement, nous avons eu envie d’intégrer nos pratiques de facilitateur et de coach à la méthode et nous en avons constaté les bienfaits pour l’ensemble des participants. Une appellation est née de cette expérience : l’Open Codev. Pratiquer l’Open Codev en tant qu’animateur, c’est s’appuyer sur la structure de base du codéveloppement originel québécois, car il a fait ses preuves, tout en utilisant des clés complémentaires pour décupler la puissance de cette approche. Les clés constituent un panel de techniques créatives issues du coaching, de la facilitation, du graphisme, et des approches corporelles, émotionnelles, systémiques.